Le gouvernement propose un «plan d'urgence» contre les violences LGBT

Le gouvernement propose un «plan d'urgence» contre les violences LGBT

POLITIQUE - Alors que les agressions homophobes se sont multipliées ces dernières semaines, à Paris, Rouen ou encore Toulouse, que les témoignages de victimes affluent sur les réseaux sociaux et que la ligne d'écoute de l'association SOS Homophobie a enregistré 37% de témoignages en plus en septembre 2018 par rapport à septembre 2017, le gouvernement présente lundi un «plan d'urgence».

Dévoilées par Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, les principales mesures ont déjà été évoquées jeudi, lors d'une réunion entre Emmanuel Macron et une quinzaine d'associations LGBT à l'Élysée. En parallèle, le président de la République a confirmé que le projet de loi sur la PMA pour toutes ne sera pas présenté et examiné en début d'année mais que la réforme serait menée en 2019.

«Il faut que la honte change de camp […], faire qu'être homophobe ne soit pas banalisé et qu'être harceleur ne soit pas “cool” »

Jean-Michel Blanquer, interviewé par Têtu

Selon SOS Homophobie, Marlène Schiappa doit annoncer une enveloppe de 300.000 euros pour une campagne de communication de lutte contre l'homophobie et la transphobie, car «il faut rappeler encore que l'homophobie n'est pas une opinion», a insisté dimanche la secrétaire d'État. Ce plan comportera «un volet éducatif» de prévention et de sensibilisation à l'homophobie, a-t-elle indiqué, mais aussi «un volet évidemment répressif» face aux violences, ainsi que des mesures spécifiques pour «l'outremer», par exemple, «où il y a un travail particulier à mener».

L'Éducation nationale est largement attendue sur le sujet par les associations. Elles veulent des avancées significatives à l'heure où, dans les cours de récréation, «pédé» est une insulte ordinaire, expliquent-elles. Mais, du côté de la Rue de Grenelle, on marche sur des œufs. L'épisode des «ABCD de l'égalité», qui sous le mandat Hollande avait déclenché une tempête autour du «genre», a laissé des traces.

La nouvelle campagne de sensibilisation à la lutte contre l'homophobie et la transphobie dans les établissements scolaires, initialement prévue en décembre, commencera en janvier 2019. «Il faut que la honte change de camp […], faire qu'être homophobe ne soit pas banalisé et qu'être harceleur ne soit pas “cool”», a martelé Jean-Michel Blanquer, dans une récente interview au magazine d'actualité LGBT Têtu.

Lutte contre le sexisme, l'homophobie, la transphobie

Le ministre reconnaît que l'éducation à la sexualité est entrée dans le système scolaire via les sujets de reproduction et que «de ce point de vue, elle est hétéronormée». Mais il fait valoir la récente circulaire d'éducation à la sexualité à l'école, publiée en septembre, qui promeut notamment «la lutte contre le sexisme, l'homophobie et la transphobie». Un texte qui vient simplement rappeler ce que l'Éducation nationale est tenue de mettre en place en la matière depuis… 2003. Car, dans les classes, le sujet reste plus ou moins tabou.

L'Éducation nationale explique que, en 2018-2019, un séminaire de formation au sexisme et aux LGBTphobies est prévu pour les personnels d'encadrement et les formateurs académiques. «Marlène Schiappa nous a aussi promis une intensification de ces séances d'éducation à la vie affective et sexuelle mais reste à savoir comment cela sera mis en œuvre sur le terrain et avec quels moyens», souligne Joël Deumier, président de SOS Homophobie.

Lors de ce rendez-vous avec Emmanuel Macron, l'association a plaidé pour que l'histoire des luttes LGBT soit intégrée aux programmes d'histoire. Elle réclame enfin la création d'un brevet sur la question des discriminations au collège. Fin octobre, Christophe Castaner avait décrit une augmentation de «plus de 15 % du nombre de plaintes pour violences physiques et sexuelles à caractère homophobe ou transphobe», avec «262 faits constatés», depuis le début de l'année 2018 par rapport à la même période en 2017.

Source : WWW.LEFIGARO.FR